Articles Éducatifs

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01

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2025

Lutte contre le sexisme

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Sexisme : les biais de langage

Les biais de langage peuvent renforcer les stéréotypes de genre et le sexisme, notamment dans le milieu professionnel. Les connaître est déjà un premier pas vers une prise de conscience générale pour un monde plus inclusif : découvrez quelques exemples de biais de langage dans cet article.

Des hommes sont assis en ligne dans une salle d'attente, à côté d'eux une seule femme attend pour un entretien d'embauche. Les regards sont tournés vers elle qui apparaît comme une anomalie dans ce monde d'hommes et l'on suppose que ses chances d'être retenue à l'entretien sont moins grandes que celles de ses concurrents.

Introduction

Le langage est un outil puissant, et parfois il peut refléter subtilement des biais sexistes, même sans intention manifeste ou conscience. Pourtant ces biais de langage renforcent des stéréotypes de genre et contribuent à perpétuer les inégalités sociales.

Voici dans cet article quelques exemples de ces subtilités de langage encore très communes.

Le masculin générique

Il s'agit d'utiliser le masculin pour désigner un groupe mixte ou une fonction qui pourrait être occupée par des personnes des deux sexes.

🔎 Exemple : « Les étudiants doivent rendre leurs travaux avant la fin du mois. » Ici, "étudiants" est utilisé comme terme générique pour désigner tous les étudiants, hommes et femmes, ce qui invisibilise le féminin.

💢 Impact : Cela peut renforcer l’idée que les hommes sont la norme, et que les femmes sont une exception ou une catégorie à part. De plus, l'usage du masculin généralisé invisibilise les femmes dans les discours.

Les adjectifs genrés

L'emploi d'adjectifs de façon différente selon le sexe des individus renforce les stéréotypes de genre.

🔎 Exemple : Dire d'une femme qu'elle est "jolie" ou "charmante" et d'un homme qu'il est "intelligent" ou "compétent".

💢 Impact : Cela renforce l’idée que la valeur des femmes est basée sur leur apparence, tandis que celle des hommes repose sur leurs compétences ou leurs qualités intellectuelles, perpétuant une vision réductrice des femmes.

L'usage de "femme" comme adjectif

🔎 Exemple : « Un comportement féminin », « une logique féminine », « un travail de femme ».

💢 Impact : Cela peut associer des traits ou comportements spécifiques (souvent perçus comme "plus doux" ou "plus émotionnels") à un genre, ce qui réduit la diversité des individus de chaque sexe et contribue à la pensée qu'il existe des caractéristiques "naturellement" attribuées aux femmes.

Les termes « chef » vs « cheffe »

🔎 Exemple : L’usage du terme masculin pour désigner une femme qui occupe une fonction de leader, comme dire « un chef » au lieu de « une cheffe ».

💢 Impact : Cela invisibilise les femmes dans les rôles de leader et confirme qu’un chef est avant tout une figure masculine, réduisant ainsi la perception des femmes à des places moins visibles ou prestigieuses.

Les diminutifs sexistes

🔎 Exemple : Appeler une femme « mademoiselle » ou « chérie » dans un contexte professionnel, ou utiliser des termes comme "petite" pour désigner une femme adulte.

💢 Impact : Ces termes sont condescendants et infantilisants, particulièrement dans des contextes où la professionnalité devrait primer. Cela crée aussi une dynamique de pouvoir où l'homme est perçu comme plus mature ou plus autoritaire.

Les expressions patronisantes

🔎 Exemple : « C'est mignon, pour une fille ! », ou « T'as fait du bon travail, pour une femme ».

💢 Impact : Ces expressions sous-entendent que les femmes ne sont pas naturellement compétentes ou capables, mais qu'elles ont « réussi » malgré leur genre. Cela dévalorise leurs accomplissements en les réduisant à des exceptions ou à des surprises.

Les termes à double sens ou les compliments sexistes

🔎 Exemple : « Tu es très belle, pour une scientifique », ou « C’est rare de trouver une femme aussi intelligente ».

💢 Impact : Ces compliments sous-entendent qu'une femme qui réussit dans un domaine traditionnellement masculin (comme la science) ou qui possède des compétences intellectuelles est une exception, voire un phénomène étonnant, ce qui renforce l’idée que certains domaines ne sont pas "faits pour elle".

Le recours à des termes condescendants pour désigner les femmes dans des métiers « non traditionnels »

🔎 Exemple : Appeler une femme à un poste de direction "la patronne", peut être perçu comme informel ou moins sérieux.

💢 Impact : Cela dévalorise les femmes dans leurs rôles de leader, et renforce l'idée que ces postes sont mieux adaptés aux hommes tandis que les femmes ne peuvent être prises au sérieux.

Les questions sexistes déguisées

🔎 Exemple : « Comment concilies-tu ta carrière et ta vie de famille ? » ou « Est-ce que tu veux des enfants bientôt ? » adressées uniquement aux femmes dans un environnement professionnel.

💢 Impact : Ces questions supposent que la femme devrait être avant tout une mère, ce qui peut renforcer la perception que sa carrière est secondaire par rapport à sa famille, ou qu’elle doit justifier d’un choix entre carrière et maternité, ce qui n’est pas demandé aux hommes dans des situations similaires.

Conclusion

Ces subtilités de langage, bien que souvent innocentes en apparence, véhiculent un sexisme qui continue d'influencer notre perception des femmes et des hommes, renforce les stéréotypes de genre et perpétue les inégalités.

L'un des moyens de lutter contre ces biais est de prendre conscience de la manière dont nous utilisons le langage, et de faire un effort pour adopter un langage inclusif et équitable.

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